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10 août 1826

Premiers omnibus à Nantes


Le 10 août 1826, Stanislas Baudry ouvre à Nantes la première ligne de transports en commun du monde. Elle relie les quartiers de Richebourg et Salorges avec deux voitures à chevaux d'une capacité de 16 personnes chacune.

Fabienne Manière.

Pascal déjà

Au XVIIe siècle, en France, les gens de bien pouvaient faire appel à des chaises à porteur pour se déplacer en ville.

Mais vers 1617, un certain Nicolas Sauvage, facteur des maîtres des coches d'Amiens, a l'idée des premières voitures de louage, les ancêtres des taxis. Il ouvre vers 1640 un dépôt à Paris, rue Saint-Martin, pour une vingtaine de voitures. Comme le dépôt est situé en face d'un hôtel à l'enseigne de Saint Fiacre, les voitures ne tardent pas à emprunter le nom de ce saint, patron des jardiniers et des bonnetiers.

L'idée de liaisons urbaines régulières est inventée un peu plus tard par le génial Blaise Pascal, qui n'en est pas à une invention près. Le savant s'associe pour l'occasion avec le duc de Rouanez et les marquis de Sourches et de Crénan.

Pascal obtient par lettres patentes du roi Louis XIV le privilège d'ouvrir cinq lignes au départ du palais du Luxembourg, avec des horaires fixes. L'une d'elles doit faire le tour de Paris par le Luxembourg, la porte Saint-Antoine, Saint-Roch, Montmartre et la Bastille.

L'exploitation des cinq lignes débute le 18 mars 1662 (Blaise Pascal décèdera quelques mois plus tard). Le parcours de base coûte cinq sous (ou sols), soit l'équivalent d'une livre de viande. Précisons que le salaire moyen d'un ouvrier de manufacture se situe à l'époque aux alentours de 8 sols par jour.

Tout serait allé pour le mieux si les parlementaires ne s'en étaient mêlés. Ces nouveaux nobles imbus de leurs privilèges ne supportent pas la perspective de partager les «carrosses à cinq sols» avec des gens de peu. Ils ne les autorisent qu'à la condition que «soldats, pages, laquais et autres gens de bras» en soient exclus !

Soit en raison de cette interdiction faite à une partie des citadins, soit en raison du prix élevé du parcours de base, la compagnie ne tarde pas à péricliter. Elle arrête son activité au bout de 15 ans.

Omnibus, un mot plein d'avenir

À Nantes, au début du XIXe siècle, un jeune homme, Étienne Bureau, imagine de transporter les employés de son grand-père, un armateur, entre ses bureaux de la rue Jean-Jacques Rousseau et les services de la Douane, dans le quartier de Salorges.

Le véhicule stationne devant la boutique d'un chapelier nommé Omnès, dont l'enseigne indique «Omnes Omnibus», ce qui signifie en latin de cuisine : Omnès pour tous ! C'est ainsi que les usagers de la ligne prennent l'habitude de dire : «Je prends (ou je vais à)... l'omnibus !» Le mot va faire le tour du monde et se décliner de toutes les façons possibles dans toutes les langues : bus, autobus...

Dans le même temps, dans la même ville, Stanislas Baudry, un colonel en demi-solde de l'armée de Napoléon, monte une minoterie dans le quartier de Richebourg. Pour utiliser au mieux la vapeur de son usine, il crée un établissement de bains à côté de celle-ci. Et il a lui aussi l'idée d'ouvrir une ligne régulière de transport pour amener les habitants du centre de Nantes dans son établissement.

Très vite, Stanislas Baudry s'aperçoit que les Nantais utilisent sa ligne de transport pour leurs propres besoins et non pour les bains. Il comprend qu'il y a là une perspective de marché. C'est ainsi qu'il abandonne la minoterie et obtient de la municipalité de Nantes l'autorisation d'ouvrir la première ligne régulière d'omnibus !

L'entrepreneur étend son activité à Paris dès le 30 janvier 1828 en inaugurant l'Entreprise Générale des Omnibus. Le succès est là aussi au rendez-vous, les omnibus se révélant beaucoup moins coûteux que les fiacres (l'équivalent de nos modernes taxis).

Mais Stanislas Baudry est très vite laminé par la concurrence. Déprimé, il se suicide en 1830 en se jetant dans le canal Saint-Martin, près de son entrepôt.

Dans un premier temps, en effet, les compagnies d'omnibus se multiplient.

Leurs voitures se distinguent par des variations de couleurs et des noms pittoresques : Dames blanches, Tricycles, Favorites, 0rléanaises, Batignollaises... Plus tard arrivent les Hirondelles, les Gazelles, les Excellentes et les Constantines. Ces véhicules offrent tous quinze places, sans impériale.

Peu à peu, l'activité se concentre et en 1855, les transports en commun à Paris ne sont plus le fait que d'une seule compagnie, la Compagnie générale des Omnibus. À cette époque, l'idée a déjà fait le tour du monde...

Publié ou mis à jour le : 2011-02-22 19:05:25

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